Prise en charge à domicile

Face à l’augmentation des maladies chroniques dégénératives, qui nécessitent un suivi est une gestion des patients sur un long terme, à la volonté grandissante des patients de se faire soigner dans un environnement familial afin de garder le lien social, et enfin face à un souci de réduction des coûts, on observe actuellement en France, comme dans les autres pays développés, de nouvelles orientations stratégiques dans la structuration de l’offre des soins des systèmes de santé.

Cette dernière connaît notamment un transfert d'une importante partie des activités de soins de l'hôpital vers le domicile du patient. L'hôpital devient ainsi une simple étape dans le processus de prise en charge et les structures de proximité (hospitalisation à domicile, maintien à domicile, soins infirmiers d'aide à domicile) prennent un rôle majeur dans ce processus global.

    

Cette problématique concerne des personnes en perte d'autonomie (personnes âgées, malades ou handicapées) qui, pour pouvoir continuer à vivre seule, doivent être suivies et assistées dans leur environnement quotidien. Les situations d'alerte doivent être détectées pour l'intervention rapide d'une personne extérieure .

C’est dans cette optique et dans la lignée des orientations des programmes de recherche nationaux (ANR, FUI) et européens ( initiative « Ambient Assisted Living » ) relatifs au domaine de la santé, où les technologies de l'information et de la communication sont considérées comme un élément incontournable pour l’amélioration des pratiques dans ce domaine, que vient se positionner la recherche appliquée à la prise en charge à domicile.

Les professionnels de la santé s'accordent sur les avantages économiques et humains que présentent le maintien des patients à leur domicile. Face au vieillissement de la population, on souhaite permettre aux personnes âgées dépendantes de conserver leur cadre de vie, plutôt que d'être hébergées dans des institutions spécialisées. Certains traitements longs habituellement dispensés à l'hôpital pourraient également être dispensés à domicile, à moindre coût et avec une meilleure satisfaction du patient, si une infrastructure adaptée était mise en place. Au niveau technologique, ce domaine nécessite une convergence de la domotique, des télécommunications, et des techniques de monitoring et de décision automatiques, afin de détecter les situations potentiellement dangereuses pour le patient et de déclencher des alarmes adaptée en direction de l'environnement du patient (proches, services de santé...).

Dans ce domaine, l'équipe ERISIS étudie des systèmes qui rassemblent
des capteurs et des éléments de transmission des données
et de traitement de l'information associée permettant
de suivre en continu les paramètres physiologiques d'un individu.

L'équipe s'appuie en particulier sur les techniques de l'intelligence artificielle distribuée et des systèmes multi-agents. Elle développe des projets en coopération avec des industriels du secteur pour expérimenter ce type de solutions en situation réelle.

Méta-surveillance : co-construction et partage de macro-informations

Nous nous proposons d’aborder le maintien à domicile d’une personne dépendante en allant au-delà des technologies de surveillance et des méthodes de traitement des données. En effet, il apparaît que les systèmes actuels dédiés au maintien à domicile restent centrés sur un patient ou une juxtaposition de patients. Aucun des projets actuels ne vise à collectiviser un grand nombre de surveillances individuelles.

L’hétérogénéité des applications, le cloisonnement et la forte distribution des données de surveillance ainsi que les aspects liés au respect de la vie privée rendent ardue cette tâche. Pourtant, cela permettrait par recoupements et processus de généralisation de faire émerger des catégories de personnes afin de procurer une surveillance adaptative ou encore de contribuer à la prévision et la mesure des évolutions démographiques

Nos travaux sur les systèmes massivement multi-agents prennent ici leur pleine mesure. Depuis une dizaine d’années, nous nous intéressons aux systèmes multi-agents à grande échelle, en particulier sur l’injection « à chaud » de nouveaux agents, la réorganisation dynamique d’un système et les méthodes d’agrégation de données.

Le système S(MAD)2D actuellement développé est un système capable, à partir d’informations individuelles de surveillances, de construire une classification de patrons de personnes à surveiller.
Les patrons ainsi constitués et gérés sont accessibles par les équipes de MAD et peuvent jouer plusieurs rôles comme :   
  • Offrir une assistance personnalisée de la personne, suivant son patron de rattachement ; par exemple, par une surveillance accrue de tel ou tel comportement ou l’anticipation d’un soin préventif.
  • Trouver des corrélations avec les outils d’évaluation de la dépendance et, pour une personne, détecter des changements de son degré de dépendance nécessitant la réévaluation de son aide.
  • Obtenir des données statistiques globales sur les personnes maintenues à domicile.

 

 

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